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Comment demander une augmentation

Tu bosses dur, tu délivres, et tu sens que ta rémunération ne suit plus. Bonne nouvelle : demander une augmentation, ça s’apprend. Ce guide te donne le timing exact, les arguments à préparer, le déroulé de l’entretien et un plan B si ça ne passe pas.

3,5 %

Augmentation moyenne cadres 2025

4,2 %

Augmentation moyenne non-cadres

60 %

des demandes aboutissent

janv.-mars

Meilleure période

Sources :APEC,Hays,INSEE

Le bon timing pour demander

Le timing est peut-être le facteur le plus sous-estimé d’une demande d’augmentation. Demander au mauvais moment, c’est réduire drastiquement tes chances même avec des arguments solides.

La période idéale : janvier à mars

C’est le moment où les budgets annuels sont définis et les enveloppes d’augmentation allouées. Si tu demandes en juin, le budget est déjà distribué. La plupart des entreprises françaises appliquent les augmentations en janvier ou avril.

Les moments opportunistes

  • Après un gros succès — Tu viens de décrocher un client stratégique, livrer un projet clé, résoudre une crise ? C’est le moment parfait. Ton impact est frais dans les esprits.
  • À la fin de la période d’essai — L’entreprise confirme qu’elle veut te garder. Tu as du levier.
  • Lors d’une prise de responsabilités — Un collègue part et tu récupères son périmètre ? Pas question de faire plus pour le même prix.
  • Après une excellente évaluation annuelle — Si ton manager t’a noté « excède les attentes », capitalise dessus immédiatement.

Les moments à éviter

  • Pendant un plan de restructuration ou des licenciements
  • Quand l’entreprise annonce de mauvais résultats
  • En pleine crise d’équipe ou après un conflit
  • Le vendredi soir ou la veille des vacances

Construire son dossier : les 4 piliers

1. Quantifie ton impact

Les chiffres sont ton meilleur allié. « J’ai bien travaillé » ne vaut rien face à « j’ai augmenté le taux de conversion de 18 %, ce qui représente 120 000 € de CA additionnel ».

Exemples de métriques :

  • CA généré ou coûts économisés
  • Nombre de projets livrés dans les temps
  • Amélioration de KPI (évolution du NPS, réduction du churn, etc.)
  • Taille de l’équipe gérée, périmètre de responsabilité

2. Document les feedbacks positifs

Garde une trace de tous les retours positifs : emails de clients, remerciements de ta hiérarchie, résultats d’enquêtes de satisfaction. Un dossier de preuves est plus convaincant qu’un discours.

3. Compare avec le marché

Utilise les données de Salerya, de l’APEC et de Glassdoor pour situer ta rémunération par rapport au marché. Si tu es payé en dessous du médian pour ton poste et ton expérience, c’est un argument factuel et difficile à contester.

4. Prépare ta demande précise

Arrive avec un chiffre précis, pas une fourchette vague. « Je demande une revalorisation à 44 000 € brut annuel » est 10 fois plus efficace que « j’aimerais gagner un peu plus ».

Le jour J : déroulé de l’entretien

1

Ouvre sur le positif

Commence par ton engagement envers l’entreprise et le poste. Montre que tu es là pour durer et que tu veux évoluer en interne.

2

Présente tes résultats

Déroule tes réalisations chiffrées. Chaque point doit avoir un impact mesurable. 3 à 5 réalisations clés suffisent, pas besoin d’en faire 15.

3

Positionne ta demande

Annonce ton chiffre avec assurance. Explique comment tu y arrives (données marché, évolution de périmètre, résultats). Pas de justification émotionnelle.

4

Écoute la réponse

Laisse ton manager réagir sans l’interrompre. Note ses objections. Chaque objection est une porte ouverte vers une négociation.

5

Négocie les alternatives

Si le montant est refusé, propose des alternatives : prime exceptionnelle, avancement anticipé, jours de télétravail, formation, titre.

6

Fixe un échéancier

Même en cas de refus partiel, obtiens un rendez-vous de suivi dans 3 à 6 mois avec des critères de réévaluation clairs et mesurables.

Augmentation individuelle vs collective vs prime

CritèreAugm. individuelleAugm. collectivePrime exceptionnelle
Montant moyen3 à 8 %2 à 4 %500 à 5 000 €
RécurrencePermanentPermanentPonctuel
DécisionManager + RHDirection / NAOManager
PériodeToute l’annéeJanvier (NAO)Après un succès
Impact retraiteOuiOuiOui (soumise à cotisations)
NégociableOuiRarementOui

NAO = Négociation Annuelle Obligatoire (entreprises de 50+ salariés avec délégué syndical)

Ce que dit la loi

Aucune loi n’oblige ton employeur à t’augmenter. Seules exceptions : les minima conventionnels (si ta grille de convention collective évolue) et l’égalité de traitement (tu ne peux pas être payé moins pour un travail égal sans justification objective). En revanche, les entreprises de 50+ salariés avec délégué syndical doivent mener une NAO chaque année.

Si la réponse est non : le plan B

Un refus n’est pas une fin. C’est une information. Voici comment transformer un « non » en opportunité :

Demande des critères clairs

« Qu’est-ce qui devrait changer pour que cette augmentation devienne possible ? » C’est la question la plus puissante. Si ton manager ne peut pas y répondre, le problème n’est pas ta performance.

Fixe un calendrier

Obtiens un rendez-vous ferme dans 3 à 6 mois. Pas de « on en reparle à l’occasion ». Un rendez-vous dans l’agenda, avec des objectifs écrits.

Explore les alternatives

Si le salaire fixe est bloqué, négocie :

  • Une prime exceptionnelle immédiate
  • Des jours de congés ou RTT supplémentaires
  • Un budget formation conséquent
  • Un changement de titre (qui te repositionne pour le futur)
  • Du télétravail supplémentaire

Évalue ta situation objectivement

Si après deux tentatives espacées de 6 à 12 mois, rien ne bouge malgré de bons résultats, c’est un signal clair. Le marché est peut-être ta meilleure option. Un changement d’entreprise rapporte en moyenne 10 à 20 % d’augmentation, contre 3 à 5 % en interne.

Le cas particulier de l’inflation

En 2023-2024, l’inflation a dépassé 4 % en France. Beaucoup de salariés ont demandé des augmentations « pour compenser l’inflation ». C’est compréhensible, mais c’est un argument faible en négociation.

Pourquoi ? Parce que l’employeur n’est pas responsable de l’inflation. En revanche, il est responsable de te rémunérer à ta juste valeur marché.

L’argument efficace : ne parle pas d’inflation. Parle du fait que les salaires du marché pour ton profil ont augmenté. L’inflation a poussé les salaires à la hausse partout — montre les données qui prouvent que ta rémunération actuelle est en dessous du marché.

Questions fréquentes sur les augmentations

Compare ton salaire au marché

Avant de demander une augmentation, vérifie si ta rémunération est dans la bonne fourchette pour ton poste et ton expérience.